

EURL IS ou IR : quel régime fiscal choisir en 2026 ?

Le statut EURL permet de faire un choix crucial pour son imposition dès la création de votre activité : l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS). Mais comment décider selon votre situation et votre projet ? Optimisation, cotisations sociales, fiscalité, dividendes… Pour tout comprendre, suivez notre guide 👇
En résumé :
- Il est important de bien comprendre ce qu’impliquent les régimes d’imposition IR et IS en EURL pour votre société et pour votre personne.
- Le choix dépend de vos bénéfices mais aussi de votre situation fiscale personnelle, de vos besoins en rémunération et de vos objectifs professionnels.
- Si vous n’avez pas beaucoup de bénéfices, l’IR s’impose mais dès que vos recettes s’élèvent, il est pertinent de choisir l’IS.
- La création d’une EURL offre une flexibilité séduisante pour passer d’un régime fiscal à l’autre sans difficulté.
Comprendre les régimes fiscaux de l’EURL
Qu’est-ce que l’impôt sur le revenu (IR) pour une EURL ?
L’IR en EURL, c’est quand les revenus de l’entreprise sont directement intégrés aux revenus personnels. C'est-à-dire qu’ils sont ajoutés à la base imposable du foyer fiscal.
Pour rappel, le taux marginal d’imposition (TMI) dépend de votre situation familiale et des gains annuels du foyer. Retrouvez par ici les différentes tranches du TMI pour 2026 (calcul d’après ce qui est gagné en 2025).
☝️ À noter : Si votre EURL subit une perte sur l’année, celle-ci est retranchée de vos revenus imposables. C’est un avantage assez important, notamment lorsque vous vous lancez et que vous avez d’autres entrées d’argent en parallèle.
Qu’est-ce que l’impôt sur les sociétés (IS) pour une EURL ?
À l’IS en EURL, les bénéfices de votre entreprise sont soumis au taux fixe de 25 % ou réduit de 15 % (en dessous de 42 500 €).
Vous pouvez toutefois déduire la rémunération du gérant associé unique déductible. Vous pouvez aussi vous verser des dividendes (taxés au PFU ou au barème progressif de l’IR).
⚠️ Rappel : pour bénéficier du taux réduit à 15 %, les sociétés doivent remplir deux conditions :
- dégager un chiffre d’affaires < 10 millions € ;
- reverser entièrement le capital et être détenues à au moins 75 % par des personnes physiques.
Quel est le régime fiscal par défaut d’une EURL ?
Si vous optez pour le statut EURL, vous êtes imposé par défaut à l’IR.
Mais parmi les avantages d’une EURL, on apprécie la possibilité de choisir son régime fiscal : vous pouvez ainsi basculer à l’IS si vous jugez que c’est plus pertinent. Il suffit de faire la demande auprès de l’administration fiscale.
☝️ À noter : le régime de TVA ne dépend pas de l’IR ou de l’IS mais du résultat annuel de l’EURL. Dès que vous dépassez un certain montant de chiffre d’affaires, votre EURL est soumise à la TVA.
En résumé :
- Si votre EURL est imposée à l’IR, vos bénéfices sont intégrés à la base imposable de votre foyer fiscal (revenus personnels).
- Si l’EURL est à l’IS, un taux fixe s’applique mais vous pouvez déduire certains frais, comme le salaire du gérant associé unique.
- Le régime d’imposition par défaut est l’IR mais c’est facile de basculer à l’IS sur demande.
EURL à l’IR : fonctionnement et implications fiscales
Comment sont imposés les bénéfices à l’IR ?
Votre entreprise fait du profit : vous l'ajoutez aux autres revenus du foyer fiscal et vous payez les impôts dessus. C’est direct, vous avez juste à tout additionner pour obtenir votre TMI. En tant qu’associé unique, c’est très facile et personne d’autre n’entre en ligne de compte.
👉 Créer une EURL rapidement ? C’est possible en quelques clics avec Hiway : dépôt de dossier, rédaction des statuts, compte bancaire pro, outils de freelance, bons conseils… Hiway vous guide dès le début de votre vie de freelance !
Calcul des cotisations sociales du gérant associé à l’IR
En IR, les cotisations sont à régler sur le salaire versé au gérant associé unique qui a un statut de travailleur non salarié (TNS).
Déclaration fiscale et obligations comptables à l’IR
Une EURL soumise à l'impôt sur le revenu doit tenir une comptabilité conforme aux règles applicables à son activité (commerciale, artisanale ou libérale). À la clôture de chaque exercice, elle établit ses comptes annuels et déclare son résultat au moyen de la déclaration n° 2031 (BIC) ou n° 2035 (BNC), accompagnée des annexes fiscales.
💡 Confiez votre comptabilité en EURL à Hiway : tenue de compta, statut optimisé, bons conseils, outil centralisé avec une app tout en 1… Hiway Compta facilite votre vie d’indépendant !
En résumé :
- En IR, les bénéfices s’ajoutent aux revenus personnels.
- Les cotisations sociales sont réglées sur les revenus du gérant TNS.
- Une fois les comptes annuels établis, l’EURL doit procéder aux déclarations fiscales.
EURL à l’IS : fonctionnement et spécificités
Imposition des bénéfices au taux de l’IS
L’entreprise paie l’impôt à hauteur de 25 %. La fraction de bénéfice située en dessous de 42 500 € peut faire l’objet d’un taux réduit (15 %) si l’entreprise remplit les conditions suivantes :
- elle réalise un chiffre d’affaires < 10 millions d’euros ;
- elle a un capital entièrement libéré et détenu au moins à 75 % par des personnes physiques.
Une fois l'IS payé, le bénéfice restant peut être conservé dans l’entreprise ou redistribué.
Rémunération du gérant et dividendes à l’IS
Le gérant associé unique est libre de choisir sa stratégie. Il peut :
- se verser uniquement un salaire ;
- se verser uniquement des dividendes ;
- combiner les deux.
La rémunération est déductible du résultat imposable de la société, ce qui réduit le montant de l'IS. Les dividendes, en revanche, sont versés après paiement de l'impôt sur les sociétés et ne sont pas déductibles.
Cet arbitrage permet d'adapter la rémunération aux besoins du dirigeant, à la trésorerie disponible et aux conséquences fiscales et sociales.
Cotisations sociales et charges fiscales à l’IS
En EURL à l'IS, le gérant TNS cotise selon ses revenus. Si aucun salaire n'est versé, seules les cotisations minimales restent dues.
Les dividendes peuvent également être soumis aux cotisations sociales lorsqu'ils dépassent 10 % du total du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé. Cette fraction est alors assujettie aux cotisations des travailleurs indépendants.
Sur le plan fiscal, les dividendes sont imposés entre les mains de l'associé. Ils sont soumis, au choix, au prélèvement forfaitaire unique (PFU), appelé aussi flat tax, ou au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
📖 Retrouvez notre article dédié pour tout comprendre aux charges en EURL.
En résumé :
- Une EURL peut bénéficier d’un taux réduit d’IS sous conditions.
- Le gérant associé unique peut choisir de se rémunérer de manière mixte.
- Même sans verser de salaire, l’EURL doit régler des cotisations sociales minimales.
- Elles peuvent aussi être dues sur les dividendes.
Comparaison IR vs IS : avantages et inconvénients
Avantages de l’IR pour une EURL
L’IR est particulièrement adapté lorsque vous vous lancez ou si l’EURL génère des bénéfices modestes. Si les revenus augmentent, c’est moins opportun de les ajouter aux revenus personnels car cela peut vous faire basculer vers une tranche d’imposition plus lourde.
Autre avantage, la gestion des déficits : en effet, sous certaines conditions, le déficit peut être imputé sur le revenu global du foyer fiscal et ainsi réduire l'impôt.
Inconvénients de l’IR pour une EURL
Le principal inconvénient est que l'associé est imposé sur l'intégralité du bénéfice, même si celui-ci reste dans la société. De plus, le gérant TNS cotise selon son bénéfice, ce qui peut alourdir les prélèvements lorsque les résultats augmentent.
Avantages de l’IS pour une EURL
L’IS offre davantage de souplesse dans la gestion de la rémunération car le dirigeant peut choisir de se verser un salaire, des dividendes ou une combinaison des deux. Il est également possible de laisser une partie des recettes dans la société afin de financer de futurs investissements, sans être immédiatement imposé à titre personnel.
Inconvénients de l’IS pour une EURL
L’IS complexifie la fiscalité de l’entreprise. Les bénéfices sont d’abord imposés au niveau de la société mais les sommes versées au dirigeant, salaires ou dividendes, peuvent être imposées une seconde fois. Il faut aussi garder en tête que les cotisations sociales s’appliquent sur les dividendes lorsqu’ils dépassent le seuil de 10 %.
Tableau comparatif des avantages et inconvénients de l’IS et de l’IR en EURL
EURL à l’IR | EURL à l’IS | |
Imposition | Au niveau de l’associé | Au niveau de la société |
Taux | Barème de l’IR | 15 % en taux réduit 25 % en taux classique |
Cotisations sociales | Calculées sur le bénéfice | Sur la rémunération (et possible sur une partie des dividendes) |
Déficit | Imputables sur le revenu global | Reportables sur les bénéfices futurs |
Optimisation de la rémunération | Limitée | Possible avec une combinaison salaires / dividendes |
Idéal pour | Début d’activité, bénéfices modestes | Entreprise rentable Désir de réinvestissement |
Quel régime choisir selon votre situation ?
L’IR est plus avantageux si votre chiffre d’affaires est modéré
L'IR est souvent adapté aux entrepreneurs qui démarrent ou réalisent peu de marge. Ce régime est simple à comprendre et peut être intéressant lorsque vous avez besoin de prélever la quasi-totalité des bénéfices pour vivre. En revanche, si vos revenus augmentent, l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu peut devenir moins avantageuse car vous basculez vers une autre tranche du TMI.
L’IS devient intéressant au-delà d’un certain seuil de bénéfices
Difficile de parler d’un montant exact de bénéfice à partir duquel c’est plus intéressant d’être imposé à l’IS. En pratique, on estime que c’est bien de basculer vers l’IS dès lors que les bénéfices sont supérieurs aux besoins personnels du dirigeant. Ainsi, il peut en conserver une partie dans la trésorerie de la société pour investir, sécuriser ou valoriser son entreprise.
Impact du niveau de rémunération souhaitée
Comme évoqué plus haut, si vous souhaitez percevoir l’intégralité des bénéfices de votre EURL, il vaut mieux privilégier l’IR (surtout s’ils ne sont pas très élevés). En revanche, si vous ne souhaitez pas vous verser beaucoup de salaire, c’est bien de rester en IS pour sa flexibilité. Les dividendes en EURL peuvent jouer un rôle de variable d’ajustement afin de s’adapter à toutes les situations.
Cas particuliers : déficit, investissements, patrimoine
Si l’EURL connait un déficit, c’est intéressant de l’imputer sur les revenus globaux du foyer afin de faire baisser votre impôt.
Si vous souhaitez investir via votre société ou développer un patrimoine personnel, c’est l’IS qui est le plus adaptée. Ce mode facilite la capitalisation dans une société et aide au financement des projets futurs sans pour autant impacter la fiscalité immédiatement.
Exemples concrets et simulations IR vs IS
Simulation pour un bénéfice de 30 000 euros
Benjamin, célibataire, est développeur freelance avec peu de charges. Il souhaite se verser la quasi-totalité des 30 000 €.
Dans son cas, l’IR est plus adapté car les bénéfices restent modérés et sont imposés en son nom. Comme il n’a pas d’autres revenus en dehors de ceux de l’EURL, sa base imposable le laisse dans les tranches basses du TMI.
👉 Régime généralement le plus adapté : IR.
Simulation pour un bénéfice de 60 000 euros
Justine est consultante indépendante avec des revenus stables. Son conjoint, salarié dans une entreprise d’audit, gagne un salaire mensuel supérieur à 4 000 €. Son foyer est donc déjà bien imposé avant même d’intégrer son revenu… Comme elle souhaite se verser une partie de la rémunération tout en conservant le reste en trésorerie, il vaut mieux qu’elle opte pour l’IS.
Elle peut donc se verser une rémunération adaptée à ses besoins tout en conservant les bénéfices dans la société après paiement de l’IS.
👉 Régime souvent le plus intéressant : IS, notamment si une partie des gains est réinvestie.
Simulation pour un bénéfice de 100 000 euros
Aurélien dirige une petite agence web en EURL, sans aucun collaborateur. Son bénéfice est très élevé mais il ne veut pas tout encaisser. Il veut acheter du matériel, recruter un salarié et constituer une trésorerie de sécurité.
Là encore, l’IS est privilégiée car elle permet de conserver les bénéfices dans la société après paiement de l’impôt. La trésorerie constituée va favoriser l’embauche du salarié et l’achat du matériel. Aurélien peut aussi décider de se verser une part en dividendes pour optimiser son revenu.
👉 Régime généralement recommandé : IS.
En conclusion, retenez que ce n’est pas uniquement le montant de bénéfices qui fixe votre choix de régime fiscal. C’est aussi vos besoins personnels, la situation de votre foyer, votre TMI et vos projets de développement qui sont à inclure dans la réflexion. La gestion de la fiscalité n’est pas à prendre à la légère !
Comment passer de l’IR à l’IS (ou inversement) ?
Conditions et délais pour choisir l’IS
Si vous démarrez à l'IR et souhaitez passer à l'IS, vous pouvez le faire dès la création ou avant la fin du 3e mois de l'exercice pour lequel vous souhaitez que l'option s’applique. Cette option peut être dénoncée dans les 5 années qui suivent.
Formalités administratives et déclaration
Vous devez notifier le service des impôts des entreprises (SIE) dont vous dépendez. La demande peut se faire à la création de la société ou par courrier plus tard si l’EURL est déjà immatriculée. Une fois l’option validée, l’EURL est redevable de l’IS et doit respecter les obligations déclaratives.
Peut-on revenir à l’IR après avoir choisi l’IS ?
Vous pouvez également décider de revenir à l’IR après avoir demandé le passage à l’IS. Toutefois, ce retour à l’IR n’est possible que dans les 5 ans qui suivent votre passage à l’IS. Passé ce délai, votre imposition à l’IS prend un caractère irrévocable.
En résumé :
- Si le régime par défaut de l’IR ne vous satisfait pas, vous pouvez basculer à l’IS sur demande dès la création de votre EURL.
- Il suffit simplement de le notifier au SIE.
- Il est aussi possible de revenir à l’IR dans les 5 ans qui suivent le passage à l’IS.
- Après 5 ans d’IS, le choix devient irrévocable et il n’y a pas de retour possible.
Questions fréquentes sur le choix IR ou IS en EURL
Quel est le régime fiscal le plus avantageux pour une EURL ?
Il n’existe pas de régime fiscal plus avantageux qu’un autre en EURL. Tout dépend de votre situation personnelle, de vos besoins de revenus, de votre niveau de bénéfices et de vos objectifs professionnels. Mais on a coutume de dire que plus le bénéfice est élevé, plus il est pertinent d’opter pour l’IS.
Peut-on changer de régime fiscal en cours d’activité ?
Il est tout à fait possible de changer de régime fiscal en cours d’activité si vous dirigez une EURL. Il suffit de notifier votre SIE et demander à basculer de l’IR vers l’IS. Vous pouvez aussi revenir à l’IR dans les 5 ans qui suivent votre passage à l’IS. Au-delà de ce délai, votre choix est irrévocable.
Quelles sont les obligations comptables selon le régime choisi ?
Les obligations comptables sont relativement similaires en IS ou IR si l’on dirige une EURL. La société doit tenir une comptabilité régulière, établir des comptes annuels et conserver l’ensemble de ses pièces justificatives.
Comment optimiser sa fiscalité en EURL ?
Il faut avant tout choisir le régime d’imposition le plus adapté à votre situation. Si c’est l’IS, vous pourrez ensuite arbitrer entre rémunération et dividendes et procéder aux déductions des charges professionnelles afin de réduire votre base imposable.
Quoi qu’il en soit, faites appel à un professionnel pour réussir votre optimisation : un expert-comptable spécialisé pour EURL saura vous guider pour tenir votre comptabilité mais aussi choisir le statut adapté, procéder aux déclarations et vous délivrer de bons conseils.
Autres articles similaires



