Quel statut pour un freelance ?

Votre statut juridique représente le cadre dans lequel vous exercez votre activité de freelance. Il est le point de départ de toute aventure dans le freelancing puisqu’il détermine votre régime social et influence la gestion comptable et fiscale de votre entreprise. Il peut aussi avoir un impact direct sur votre rémunération.
Dans cet article, nous vous proposons un récapitulatif des différents statuts juridiques possibles si vous souhaitez vous lancer seul·e et sans associé·e, afin de vous aider à faire le choix optimal en fonction de votre projet, de vos besoins et de vos aspirations.
Définition du statut freelance en France
Emprunté à l’anglais, le mot “freelance” désigne une personne qui exerce son activité de manière indépendante, sans dépendre d’un employeur extérieur. C’est l’équivalent d’un travailleur indépendant. Le terme s’emploie principalement, mais pas uniquement, pour désigner des professionnels exerçant une activité de service et réalisant des missions pour différents clients.
Pour devenir freelance, vous devez créer votre entreprise, c’est-à-dire la structure juridique qui vous permettra d’exercer à votre compte.
Changer de statut juridique : est-ce possible ?
La réponse est oui ! Si tu as déjà créé une micro-entreprise par exemple, il suffit de la fermer pour ensuite ouvrir une société. La procédure est simplifiée depuis le déploiement du Guichet Unique de l’INPI qui permet d’ouvrir et de clôturer (entre autres) ton entreprise.
Si tu es en EURL et que tu souhaites passer en SASU (ou inversement), tu dois :
- faire une déclaration M2 auprès du guichet unique de l’INPI dans le moins après la date du procès-verbal ;
- solliciter un commissaire à la transformation ;
- régler les frais de formalité auprès du greffe.
Si tu souhaites changer de statut et évoluer vers une SASU, Hiway te conseille et s’occupe de toutes les démarches pour toi.
Et si tu es déjà en SASU ou en EURL, tu peux ensuite intégrer des associés pour évoluer vers leurs grandes sœurs : la SAS ou la SARL.
Tu l’as compris : le choix du statut juridique adéquat pour ton activité de freelance ne se réduit pas à une simple formalité administrative, mais revêt plutôt la dimension d’une démarche stratégique et personnelle qui modèle ton avenir professionnel et personnel. C’est la raison pour laquelle tu dois prendre en compte tous les paramètres développés dans l’article.
Une question sur le lancement en freelance ? Cela n’a jamais été aussi simple qu’avec Hiway. Contacte-nous via la prise de rendez-vous en ligne.
Pourquoi bien choisir son statut en freelance ?
Le travailleur indépendant peut exercer sous des formes juridiques très différentes, allant de l’entreprise individuelle aux sociétés unipersonnelles (SASU, EURL). Contrairement aux idées reçues, freelance ne rime pas nécessairement avec auto-entreprise !
Le choix d’un statut pour travailler en freelance ne doit pas être laissé au hasard. En effet, il a un impact direct sur le pilotage de l’entreprise, le statut de l’entrepreneur, ses obligations ainsi que ses revenus.
Comme nous allons le voir plus en détail, la micro-entreprise offre une gestion administrative très simplifiée, mais présente plusieurs limites. Les obligations comptables en tant que freelance sont plus lourdes en sociétés, mais s’accompagnent aussi d’opportunités intéressantes.
Voici quelques-unes des questions à se poser pour choisir le bon statut en freelance :
- Tout d’abord, est-ce que je réponds aux critères pour exercer sous ce statut ? (rappelons notamment que le CA pour profiter du régime de la micro-entreprise est plafonné)
- Puis-je bénéficier d’aides à la création d’entreprise ? Ai-je besoin de cumuler mon activité avec une autre (salarié, demandeur d’emploi…) ?
- Comment optimiser ma rémunération pour gérer mon patrimoine au mieux ? Quel est le régime d’imposition le plus intéressant pour moi ? Est-il avantageux pour moi de déduire mes frais au réel ?
La question de la protection sociale est aussi essentielle. Cependant, elle doit être nuancée : un statut moins protecteur peut être couplé à des assurances privées pour assurer une protection sociale optimale. Idem pour la charge administrative : bien qu’elle soit plus lourde en société, elle peut facilement être déléguée à un service d’accompagnement tout-en-un comme Hiway.
Les principaux statuts pour un freelance
Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise)
Dans l’esprit de nombreuses personnes, freelance est synonyme d’auto-entrepreneur. Ce raccourci est très réducteur, mais il est vrai que la micro-entreprise séduit beaucoup d’individus souhaitant se lancer à leur compte. Elle présente en effet un atout notable : une gestion ultra simplifiée (et des démarches de création très simples), avec des obligations comptables, fiscales et sociales allégées.
Cependant, pour en bénéficier, il faut respecter un plafond de chiffre d’affaires. En 2025, celui-ci est fixé à 77 700 € HT pour les activités de services, et 188 700 € HT pour les activités commerciales. Le régime micro est donc réservé aux travailleurs indépendants qui ne génèrent pas des revenus trop conséquents.
Voici la “fiche technique” de la micro-entreprise :
- Régime social de l’entrepreneur : travailleur non salarié.
- Imposition des bénéfices : IR (impôt sur le revenu).
- Fonctionnement : exercice en nom propre, absence de statuts.
- Capital social : aucun.
- Possibilités d’évolution : très limitées (CA plafonné, intégration d’associés impossible, recrutement de salariés compliqué).
L’entreprise individuelle (EI)
L’EI permet d’exercer une activité indépendante en son nom propre : le freelance et son entreprise sont une seule et même personnalité juridique. Contrairement à une société de capitaux, elle n’est pas régie par des statuts, n’a pas de capital social, et ne fonctionne pas avec un binôme associé/dirigeant.
Le régime d’imposition en EI et la nature des obligations comptables et fiscales varient selon le type de bénéfices réalisés et leur montant. L’EI peut bénéficier du régime micro (auto-entreprise) en-dessous d’un certain plafond. Au-delà, elle passe au régime de la déclaration contrôlée si elle réalise des BNC (bénéfices non commerciaux), ou au régime réel si elle réalise des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou des BA (bénéfices agricoles). Les bénéfices sont assujettis par défaut à l’IR, mais il est possible de demander une option pour l’IS (impôt sur les sociétés), qui est alors irrévocable.
Voici la “fiche technique” de l’EI :
- Régime social de l’entrepreneur : travailleur non salarié.
- Imposition des bénéfices : IR avec une option possible pour l’IS.
- Fonctionnement : exercice en nom propre, absence de statuts.
- Capital social : aucun.
- Possibilités d’évolution : limitées (intégration d’associés impossible, recrutement de salariés compliqué).
L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)
L’EURL est l’une des formes de société qui permet de se lancer à son compte. Ce statut juridique est très encadré, ce qui offre une certaine sécurité, mais implique également de la rigidité.
L’EURL est une déclinaison unipersonnelle de la SARL. Elle est fondée par un associé unique, et dirigée par un gérant, qui peut être la même personne (c’est généralement le cas lorsqu’on se lance en freelance).
Le gérant a le statut de travailleur non salarié (TNS). Ses cotisations sociales sont relativement peu élevées, ce qui peut être considéré comme l’un des avantages de l’EURL, mais qui suppose aussi une couverture sociale moindre. Sa rémunération dépend des bénéfices réalisés et des modalités qui apparaissent dans les statuts. Elle peut être fixe ou proportionnelle.
Par ailleurs, l’EURL est assujettie par défaut à l’IR, mais peut bénéficier d’une option pour l’IS.
Voici la “fiche technique” de l’EURL :
- Régime social du dirigeant : travailleur non salarié.
- Imposition des bénéfices : IR par défaut, avec une option possible (et irrévocable) pour l’IS.
- Fonctionnement : régi par des statuts, avec présence d’un associé unique et d’un gérant.
- Capital social : montant libre.
- Possibilités d’évolution : importantes (possibilité d’intégrer des associés et de recruter des salariés).
La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)
Autre option pour se lancer en freelance en société : créer une SASU, qui est une déclinaison unipersonnelle de la SAS. La flexibilité est l’un des principaux avantages de la SASU, puisque la rédaction de ses statuts offre une grande souplesse.
Ce type de société est fondé par un associé unique, et dirigé par un président, qui peut être la même personne (cas de figure le plus courant en freelance). Le président de SASU a le statut d’assimilé salarié, et non de TNS. Cela signifie que sa couverture sociale est optimale : elle est similaire à celle des cadres en entreprise.
De plus, en SASU, la rémunération est formalisée puisque le freelance bénéficie de fiches de paie. Il peut également se verser des dividendes (mais attention : s’il se paye seulement en dividendes, il ne cotise pas, ce qui affecte ses droits sociaux).
Ce statut est imposé à l’impôt sur les sociétés (IS) de plein droit, mais le freelance peut demander l’imposition sur le revenu pendant 5 exercices.
Voici la “fiche technique” de la SASU :
- Régime social du dirigeant : assimilé salarié.
- Imposition des bénéfices : IS par défaut, avec une option possible pour l’IR pendant 5 exercices.
- Fonctionnement : régi par des statuts, avec présence d’un associé unique et d’un président.
- Capital social : montant libre.
- Possibilités d’évolution : importantes (possibilité d’intégrer des associés et de recruter des salariés).
Quel statut choisir en fonction de son activité et de ses objectifs ?
Le choix du meilleur statut pour un freelance doit faire l’objet d’une réflexion personnalisée. Chaque forme juridique a ses spécificités et peut correspondre plus ou moins bien à vos ambitions ou votre activité. Si vous envisagez de vous lancer, Hiway peut vous aider à prendre la bonne décision en étudiant avec vous votre projet. Voici déjà quelques clés pour vous guider.
La micro-entreprise, une option pour le freelance débutant
La micro-entreprise est la forme d’entreprise la plus facile à créer. Il suffit de déclarer son activité sur le site du guichet unique de formalités des entreprises pour obtenir les numéros Siret/Siren qui permettent d’exercer.
Elle est également particulièrement simple à gérer. Le micro-entrepreneur bénéficie d’allègements comptables et fiscaux conséquents. Il n’est pas contraint de tenir une comptabilité complète et de déposer des comptes annuels. Il doit simplement effectuer une déclaration mensuelle ou trimestrielle de chiffre d’affaires à l’Urssaf, déclarer annuellement ses revenus professionnels aux impôts, et s’acquitter des taxes et contributions dont il est redevable (CFE, TVA le cas échéant).
Ce statut est donc adapté aux freelances qui souhaitent se lancer en toute simplicité. Il peut permettre de tester un projet d’activité sans engendrer trop de frais de gestion. Cependant, il présente des limites en termes de développement et d’optimisation des revenus et du patrimoine.
Surtout, ce régime n’est accessible qu’en-dessous d’un certain seuil de CA. Passé ce plafond, l’entrepreneur perd tout le bénéfice du régime micro. Ainsi, par exemple, si vous exercez une activité de service et prévoyez de générer un CA HT supérieur à 77 700 € par an (seuil 2025), ce statut n’est pas adapté.
Pour un freelance souhaitant se développer : EURL ou SASU ?
Les sociétés unipersonnelles - EURL ou SASU - peuvent être une excellente alternative à la micro-entreprise pour se lancer en freelance. En effet, elles offrent des perspectives de développement bien plus importantes. D’une part, elles ne sont pas limitées par un plafond de chiffre d’affaires. D’autre part, elles peuvent permettre au travailleur indépendant de s’associer ou de recruter sans devoir fermer leur entreprise pour en créer une nouvelle.
L’EURL et la SASU peuvent aussi se révéler plus intéressantes qu’une micro-entreprise d’un point de vue financier. Elles offrent plus de souplesse en la matière, avec par exemple la possibilité de se verser des dividendes ou de déduire ses charges professionnelles. De quoi potentiellement optimiser son revenu et, à terme, son patrimoine.
Notons également que la SASU offre un statut plus protecteur, celui d’assimilé salarié, qui permet de bénéficier de la même couverture sociale qu’un cadre.
Enfin, créer une société offre une certaine crédibilité au yeux des clients et autres partenaires potentiels. Un tel statut témoigne de vos ambitions et de votre professionnalisme. Un atout non négligeable sur le marché du freelancing !
Bien entendu, la création et la gestion d’une société sont plus complexes que celles d’une micro-entreprise. Mais il est possible de se faire aider, par exemple en déléguant tout l’administratif à Hiway.
Quel statut pour optimiser sa fiscalité ?
La SASU est imposée de plein droit à l’impôt sur les sociétés (IS), tandis que l’EURL et l’EI sont imposées de plein droit à l’impôt sur les revenus (IR). Des aménagements sont cependant possibles.
En SASU, vous pouvez bénéficier sur demande d’une imposition sur les revenus pendant 5 exercices. En EURL ou en EI (hors micro-entreprise), il est possible de demander à être assujetti à l’IS plutôt qu’à l’IR. À noter que l’option est ensuite irrévocable.
Le choix du régime d’imposition des bénéfices le plus avantageux est complexe et il peut être utile de faire appel à un expert-comptable pour indépendant pour être guidé·e. Si vous souhaitez déjà vous faire une première idée, vous pouvez faire une simulation avec les taux d’IS d’une part, et le barème de l’IR d’autre part, en prenant en compte les revenus globaux de votre foyer fiscal.
D’une manière générale, retenons que les sociétés offrent une plus grande latitude que la micro-entreprise pour optimiser sa fiscalité. En micro-entreprise, il n’est pas possible d’opter pour l’IR, ni de déduire ses charges professionnelles au réel.
Changer de statut juridique : est-ce possible ?
La réponse est oui ! Si vous avez déjà créé une micro-entreprise, par exemple, il suffit de la fermer pour ensuite ouvrir une société. La procédure est simplifiée depuis le déploiement du guichet unique de l’Inpi qui permet d’ouvrir et de clôturer (entre autres) facilement votre entreprise.
Si vous êtes en EURL et que vous souhaitez passer en SASU, ou inversement, vous devez effectuer les démarches suivantes :
- faire une déclaration M2 auprès du guichet unique de l’Inpi dans le mois suivant la date du procès-verbal ;
- solliciter un commissaire à la transformation ;
- régler des frais de formalité auprès du greffe.
Enfin, si vous êtes freelance en SASU ou en EURL, vous pouvez ensuite intégrer des associés pour évoluer vers leurs grandes sœurs : la SAS ou la SARL. Vous n’aurez pas besoin pour cela de fermer votre société.
Quelles sont les aides disponibles pour les freelances en 2025 ?
Aide à la création d’entreprise (Acre)
L’aide ACRE pour indépendants permet de bénéficier d’une exonération temporaire de cotisations sociales en début d'activité.
En micro-entreprise, l’obtention de l’Acre n’est pas automatique. L’aide s’adresse uniquement à certains publics prioritaires. Si vous remplissez les conditions demandées, vous devez envoyer votre demande au moment de la création de l’entreprise. Le micro-entrepreneur qui bénéficie de l’Acre profite d'une exonération de 50 % sur ses cotisations sociales jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant la date d'immatriculation de l'entreprise.
Pour les freelances qui ont un autre statut, l’éligibilité à l’Acre est automatique (seule exception : si vous avez déjà bénéficié de l’aide au cours des 3 années précédentes au titre d’une autre activité). Le dispositif peut permettre de bénéficier d’une exonération partielle ou totale de cotisations sociales pendant 12 mois. Le taux d’exonération varie selon le revenu ; il est nul lorsque le revenu professionnel atteint ou dépasse le plafond annuel de Sécurité sociale, soit 47 100 € actuellement.
L’allocation chômage pour les freelances (Arce et ARE)
Les personnes qui se lancent en freelance, quel que soit leur statut, peuvent sous conditions recevoir des aides de France Travail (ex Pôle emploi).
Le statut de freelance peut être cumulé avec celui de demandeur d’emploi, ce qui permet de continuer à toucher au moins en partie son allocation de retour à l’emploi (ARE). Le fonctionnement de l’aide ARE pour freelances est le suivant : les mois où vous percevez des revenus en freelance, France Travail ne vous verse que 30 % de votre allocation chômage habituelle.
Autre option : demander l’aide à la reprise et à la création d’entreprise (Arce) pour toucher une allocation conséquente en une seule fois. Si vous obtenez l’Arce, France Travail vous versera vos allocations chômage “d’un coup”, sous la forme d’un capital. L’aide Arce est versée en deux fois et son montant total correspond à 60 % de l’ARE à laquelle vous avez droit. Elle est utile si vous avez besoin d’un capital de départ pour lancer votre activité.
Comparatif des statuts juridiques pour freelance
Voici le tableau récapitulatif des caractéristiques des différents statuts juridiques adaptés aux freelances :
SASU | EURL | EI | EI en micro-entreprise | |
---|---|---|---|---|
Forme | Société de capitaux - Version unipersonnelle de la SAS | Société de capitaux - Version unipersonnelle de la SARL | Entreprise individuelle en nom propre | Entreprise individuelle avec régime simplifié |
Régime social | Assimilé salarié | Travailleur non salarié | Travailleur non salarié | Travailleur non salarié |
Régime fiscal | IS de plein droit, IR possible (5 ans) | IR de plein droit, IS possible | IR de plein droit, IS possible | IR |
Rédaction des statuts | Libre | Encadrée | Pas de statuts | Pas de statuts |
Capital social | Libre (1€ min.) | Libre (1€ min.) | Aucun | Aucun |
Rémunération | Fiche de paie mensuelle + dividendes | Libre | Libre | Libre (virement pro -> perso) |
Limite de CA | Aucune | Aucune | Aucune | 77 700€ (2025, prestations de services) |
Formalités administratives | Conséquentes | Conséquentes | Légères | Très légères |
Embauche de salarié | Compatible | Compatible | Complexe | Difficile |
Vous l’aurez compris : le choix du statut juridique adéquat pour votre activité d’indépendant ne se réduit pas à une simple formalité administrative, mais revêt plutôt la dimension d'une démarche stratégique et personnelle qui modèle votre projet professionnel et votre avenir personnel. Il doit donc faire l’objet d’une attention particulière. Pour ne rien laisser au hasard, n’hésitez pas à vous tourner vers Hiway : nos experts de la création d’entreprise en freelance sauront vous aiguiller vers le meilleur statut.
En moyenne, les freelances Hiway gagnent 7100 € nets / mois avant IR
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