Gérer mon activité au quotidien

SASU ou micro-entreprise : quel statut choisir ?

C’est bon, vous êtes décidé à créer votre entreprise ! Mais pour quel statut juridique opter en fonction de votre type d’activité et de vos objectifs ? Vous allez voir qu’il existe plusieurs types de statuts lorsqu’on se lance en freelance. C’est très important de choisir celui qui vous convient le mieux lors de votre création d’entreprise !

Mais pas de stress non plus : si vous avez opté pour un régime qui ne vous convient finalement pas, il est possible de changer plus tard : certes, vous perdrez un peu de temps mais c’est aussi une grande qualité en tant qu’entrepreneur de savoir s’adapter. Pour vous aider, cet article se focalise sur les deux types de statuts les plus prisés par les free, à savoir la
SASU ou la micro-entreprise.

Faisons le point pour expliquer les différences. Ainsi, vous pourrez
lancer votre activité avec sérénité !

Comprendre la micro-entreprise

Quand on décide de se lancer dans l’entrepreneuriat, on a tendance à se tourner vers le statut de micro-entreprise. La micro-entreprise est le nouveau nom de l’auto-entreprise (qu’on appelle aussi parfois micro ou auto). Il s’agit d’un régime fiscal et social applicable à l’entreprise individuelle.

 

En clair, les démarches sont simplifiées car vous et votre entreprise ne faites qu’un sur le plan juridique : pas de besoin de rédiger de statuts ni de constituer un capital social. La grosse contrainte réside dans les plafonds de chiffre d’affaires annuel, ce qui peut limiter le montant de son revenu. Pour être micro-entrepreneur (ou auto), il ne faut pas dépasser (par an) :

  •   77 700 € pour les activités libérales et les prestations de services commerciales ou artisanales ;
  • 188 700 € pour les activités de vente de biens.
Si vous dépassez ces plafonds lors de deux années consécutives, vous êtes automatiquement exclu de ce régime

On peut penser qu’un régime simplifié est super quand on se lance mais il faut relever quelques contraintes… En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges. Quant au développement futur de votre entreprise, il est plutôt limité… On vous explique tous les avantages et inconvénients d’être en auto plus bas 👇

Bon à savoir : Depuis mai 2022, le patrimoine personnel et professionnel d’une micro-entreprise sont séparés : ainsi vos dettes professionnelles n’ont pas d’impact sur votre capital personnel (idéal en cas de mariage ou pacs, par exemple, pour désolidariser le ou la conjoint·e).

Comprendre la SASU

Si l’on entend souvent parler de micro ou auto-entreprise, on connait moins le terme SASU. Une SASU est une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. En clair, il s’agit d’une forme de société de capitaux avec une personnalité juridique propre, c’est-à-dire que vous et votre société formez deux entités différentes. Le statut SASU implique un certain nombre de formalités strictes, comme la rédaction des statuts et l’apport d’un capital social. 

En clair, la SASU c’est :

  •   Plus de flexibilité pour optimiser le revenu
  •   Plus de chance de développer l’activité
  •   Plus de contraintes en matière d’obligations comptables et fiscales

On vous explique avec plus de détail les avantages et les inconvénients de la SASU plus bas 👇

Avantages et inconvénients de la micro-entreprise

On l’a vu, la micro-entreprise est avant tout un moyen rassurant de se lancer en freelance. Voyons maintenant quels sont ses bénéfices à court et long terme et ses inconvénients pour le business.

Simplicité administrative et fiscale

La micro-entreprise est très simple à créer et l’immatriculation est gratuite et rapide. Quelques jours après la création, vous recevez votre numéro Siren. Vous pouvez démarrer votre activité sans avoir besoin de déposer un capital social ni de créer un compte bancaire professionnel. Il est juste recommandé de disposer d’un compte bancaire dédié à votre activité de freelance (c’est même obligatoire passé un certain seuil).

⚠️ En micro-entreprise, les obligations comptables et fiscales sont minimes mais pas inexistantes non plus… En tant que micro-entrepreneur, vous devez :

  •   Déclarer votre chiffre d’affaires à l’Urssaf chaque mois ou trimestre, en fonction de l’option choisie au moment de la création d’activité ;
  •   Tenir à jour un livre de recettes : vous avez l’obligation de renseigner un livre de recettes qui inclut les montants encaissés, la date, le moyen de règlement et les références des justificatifs ;
  •   Facturer : chaque vente ou prestation de service fait l’objet d’une facture qui doit contenir des mentions obligatoires et être conservées pendant une durée de 10 ans ;
  •   Déclarer vos revenus aux impôts via le formulaire 2042-C-Pro.

Évidemment, même si l’on considère ces obligations comme « légères » ou « simplifiées », elles peuvent tout de même représenter quelques tracas en tant qu’auto-entrepreneur débutant. Si vous avez un doute ou vous ne vous sentez pas de taille à gérer cette partie de votre business, n’hésitez pas à vous mettre en relation avec un comptable pour indépendant qui saura mieux gérer que vous ces obligations fiscales et administratives. Vous pourrez démarrer votre activité de free avec plus de sérénité !

N’ayez pas honte de dire que vous êtes un peu perdu avec toutes ces démarches, même si on vous dit qu’elles sont simples : vous n’êtes pas le seul dans ce cas 😉

Plafonds de chiffre d'affaires et limites

On l’a vu dans la première partie, le statut de micro-entrepreneur implique un plafond de chiffre d’affaires annuels :

  •   77 700 € pour les activités libérales et les prestations de services commerciales ou artisanales ;
  •   188 700 € pour les activités de vente de biens.

☝️À noter : si vous dépassez ces seuils pendant deux années consécutives, vous êtes automatiquement exclu du statut d’auto-entrepreneur…

Aussi, être auto vous empêche d’opter pour certaines activités : 

  •   Activités relevant de la TVA immobilière ;
  •   Activités relevant des bénéfices agricoles ;
  •   Activités rattachées au régime social de la MSA ;
  •   Activités libérales qui relèvent d’une caisse de retraite autre que la Cipav (droit, santé, experts-comptables, etc.) ;
  •   Activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur.

 D’autres contraintes existent lorsque vous souhaitez développer votre business en micro-entreprise. Par exemple, vous ne pouvez pas accueillir de nouveaux associés ni opter pour une rémunération en dividendes, ni déduire de frais professionnels ou prendre en compte les achats réellement réglés pour réaliser le chiffre d’affaires. Il est aussi impossible d’effectuer des placements via l’entreprise et votre responsabilité est illimité, c’est-à-dire que vous devez être solidaire des dettes contractées par l’entreprise. Toutes ces contraintes constituent évidemment un frein dans la perspective d’un développement de votre activité.

Protection sociale et cotisations

En auto-entreprise, vous avez droit, grâce à vos cotisations à l’Urssaf, à une protection sociale.

💡 Petit rappel des cotisations sociales en micro en 2025 :

  •   24,6 % pour les prestataires de services relevant du régime général (BNC)
  •   23,2 % pour les prestataires de services relevant de la Cipav (BNC)
  •   21,2 % pour les prestataires de services commerciaux ou artisanaux (BIC)
  •   12,3 % pour l’achat et la revente de marchandises (BIC)

Au titre de ces cotisations, vous avez donc droit, par exemple, à des indemnités maladie lorsque vous êtes en arrêt de travail pour raison de santé. Mais il faut savoir que ces indemnités sont limitées et peuvent engendrer une perte importante de revenus en cas d’arrêt temporaire de l’activité (les indemnités sont plafonnées et leur calcul ne compense pas intégralement le salaire). C’est pourquoi il est recommandé de souscrire à une assurance pour freelance en complément afin de ne pas être trop impacté par un arrêt maladie.

Vous avez choisi d’être freelance pour être libre et indépendant, pas pour être précaire 😉

Avantages et inconvénients de la SASU

Le statut SASU présente de nombreux points positifs si vous souhaitez développer votre activité freelance. Voici une liste des avantages et inconvénients qui vous aidera à déterminer si vous devez opter ou non pour ce statut juridique.

Liberté de gestion et crédibilité

Lorsqu’on liste les nombreux avantages de la SASU, on commence toujours par évoquer la liberté de gestion qu’offre ce statut. En effet, la SASU permet une grande souplesse d’organisation et en tant que président de la SASU, vous êtes totalement libre de fixer les règles de fonctionnement. Par exemple, c’est vous qui décidez des clauses concernant l’entrée de nouveaux investisseurs. Aussi, le statut est simple à faire évoluer en cas de croissance, par exemple vers une SAS, si vous avez plusieurs associés. Le statut est donc vraiment adapté si vous prévoyez d’augmenter votre chiffre d’affaires prochainement : contrairement à la micro-entreprise, vous n’avez aucun plafond annuel, vous pouvez donc augmenter vos tarifs et vos volumes de facturation en toute liberté.

 Aussi, créer une SASU offre une plus grande crédibilité vis-à-vis de potentiels clients ou partenaires. En effet, une SASU prouve que votre entreprise a de l’ambition. Surtout, elle permet d’ouvrir le capital à d’autres associés, ce que le régime de micro ne permet pas de faire.

Fiscalité et optimisation des charges

Le statut de la SASU est intéressant en matière de prestations sociales. Déjà, si vous bénéficiez encore d’allocations chômage, vous pouvez les cumuler avec vos revenus obtenus de la SASU, sous certaines conditions. Vous êtes ainsi plus serein au moment de la phase de lancement de votre entreprise. Aussi, la protection sociale du président de la SASU est la même que pour n’importe quel salarié, à condition qu’il soit rémunéré sous forme de salaires et non de dividendes (il y a donc des charges à payer sur chaque salaire perçu).

D’un point de vue fiscal, la SASU présente un avantage de taille : il est possible pendant 5 ans de rester à l’impôt sur le revenu (IR) et donc de ne pas se soumettre à l’impôt sur les sociétés (IS). Lorsque vous vous lancez, cela peut vous simplifier la vie mais attention, la mesure n’est que temporaire : au-delà de ces 5 ans, vous devez obligatoirement vous soumettre à l’IS. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, décider dès la première année de vous soumettre à l’IS.

Enfin, la SASU est le meilleur moyen pour optimiser votre rémunération d’indépendant. En choisissant entre salaire, dividendes ou une combinaison des deux, vous bénéficiez d’une flexibilité qui maximise votre revenu net à partir de votre taux journalier moyen. Grâce à ce statut, vous pouvez aussi déduire vos dépenses professionnelles à l’impôt et effectuer des placements financiers directement via l’entreprise : cela peut vous offrir des opportunités d’investissement intéressantes.

Coût et formalités administratives

Il faut en avoir conscience, lancer une SASU est moins facile que lancer une micro-entreprise… Mais loin d’être impossible ! Voici ce que vous devez faire pour créer votre SASU : 

  •   Rédiger des statuts qui déterminent les règles de fonctionnement de la société ;
  •   Faire un apport en capital social (dès 1 €) sur votre compte bancaire professionnel ;
  •   Publier une annonce légale dans un journal d’annonces légales ;
  •   Immatriculer la SASU au guichet unique de l’INPI ;
  •   Vous enregistrer au Registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au Registre national des entreprises (RNE) ;
  •   Obtenir votre extrait Kbis.

Ensuite, il faut se soumettre à des obligations comptables avec une gestion rigoureuse et détaillée, qui comprend l’enregistrement de toutes les opérations financières. Vos obligations incluent notamment de : 

  •   Tenir une comptabilité : avec une SASU, vous devez comptabiliser toutes les opérations de crédit, de débit, les recettes de vente, les règlements de factures, et les paiements de salaires. Chaque opération financière doit être enregistrée chronologiquement dans des livres comptables.
  •   Tenir des livres comptables obligatoires : la SASU doit avoir deux livres comptables obligatoires appelés « livre-journal » (registre chronologique de toutes les opérations financières) et « grand livre » (regroupe toutes les opérations selon le plan comptable de la SASU).
  •   Établir des comptes annuels : chaque année, la SASU doit établir et déposer 3 documents financiers.
  •   Faire un bilan comptable : il présente le patrimoine de la société à la clôture de l’exercice.
  •   Faire le compte de résultat : il recense tous les produits et charges de l’année.
  •   Rédiger l’annexe légale : elle complète les infos du bilan et du compte de résultat. Elle peut être facultative ou simplifiée selon la taille de votre entreprise.
  •   Déposer des comptes : les comptes annuels doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce dans les 7 mois suivant la clôture de l’exercice. Ce dépôt doit inclure le bilan comptable, le compte de résultat, et l’annexe légale, et il est soumis à des amendes en cas de non-respect.
  •   Remplir une liasse fiscale et une déclaration de revenus au titre de vos impôts à l’IR.
  •   Remplir une liasse fiscale et payer l’impôt à l’IS. 

Les formalités administratives peuvent devenir un véritable casse-tête lorsqu’on se lance seul dans l’aventure. Pensez donc à étudier les prestations d’offres de services comme Hiway pour bénéficier d’un

accompagnement au quotidien et d’une facturation optimisée pour gérer votre SASU en toute sérénité 🧘🏽

Bon à savoir : pour exercer une activité artisanale en tant que freelance, le stage de préparation à l’installation (SPI) n’est plus obligatoire mais vous pouvez l’effectuer en vous inscrivant auprès d’une Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Il dure 30 heures réparties sur 4 jours et coûte 250 € en moyenne et peut vous être remboursé sous conditions.

Tableau comparatif des avantages et inconvénients

Pour bien saisir les enjeux autour des statuts SASU ou micro-entreprise et y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des plus et des moins :

SASUMicro-entreprise
Avantages
  • Protection sociale élevée
  • Responsabilité limitée
  • Adaptable pour la croissance
  • Toutes activités possibles (sauf exceptions réglementées)
  • Possibilité de déduire les charges
  • Crédibilité
  • Gestion simplifiée
  • Faible coût de création
  • Flexibilité pour tester une nouvelle activité
  • Aucun capital social requis
Inconvénients
  • Formalités administratives complexes
  • Coût de création et de fonctionnement
  • Obligation d’apporter un capital social (à partir de 1 €)
  • CA limité
  • Charges sociales basées sur CA, donc protection sociale limitée
  • Pas de déduction des charges pour l’impôt
  • Limite d’évolution
  • Impossibilité de placer l’argent de l’entreprise
  • Pas d’accueil d’investisseur
  • Certaines activités exclues

Quel statut choisir selon votre activité ?

Maintenant que vous avez pu comparer les avantages et inconvénients de chaque statut, voici un petit récap de tout ce que vous avez appris pour bien comprendre les enjeux autour de la création de votre entreprise. En résumé, si vous vous lancez en freelance, on vous recommande la micro pour tester votre capacité à entreprendre et à vous développer. Et une fois lancé avec une forte croissance, n’hésitez pas à changer de régime pour aller vers une SASU…

Pour un freelance débutant : micro-entreprise

Vous voulez créer votre projet de freelance ? Alors la micro-entreprise est idéale pour tester une idée ou un projet sans prendre de risque tout en s’épargnant beaucoup de tracas administratifs. Grâce à la micro, vous pouvez démarrer une activité sans avoir à investir beaucoup de temps ou d’argent. Les démarches administratives sont simplifiées et au quotidien, c’est très facile à gérer. Bien sûr, les seuils de chiffre d’affaires relativement bas limitent le développement de votre entreprise mais si vous n’ambitionnez pas une grande croissance, cela ne vous pose pas de problème.

Et si au contraire, après avoir testé votre idée, vous avez envie de passer à la vitesse supérieure pour faire gonfler votre croissance, c’est possible de faire une transition vers une SASU. On vous explique plus loin comment faire 👇

Pour un freelance en forte croissance : SASU

Un freelance qui envisage une forte croissance a plus d’intérêt à opter pour une SASU et ce, dès le lancement. Ainsi, vous pouvez à tout moment accueillir des associés selon des clauses définies par vous-même. Cela vous offre des opportunités d’investissement intéressantes à court, moyen ou long terme. La SASU est donc idéale pour ne pas être « coincé » par un statut qui ne convient pas à votre projet. En effet, la structure de ce régime juridique permet une évolution facile vers une SAS (Société par Actions Simplifiée), étape nécessaire lorsque vous voulez partager la direction ou le capital avec d’autres partenaires.

 Aussi, rappelez-vous : en tant que président de SASU, vous pouvez choisir le type de rémunération que vous souhaitez (dividendes, salaire, mix entre les deux) et donc en cas de perception de salaire, le combiner avec vos allocations chômage si vous êtes en transition de projet.

Comment faire la transition de micro-entreprise à SASU ?

Vous avez lancé votre activité de free en tant que micro-entrepreneur et souhaitez passer en SASU ? Pas de panique, c’est possible ! Voici les étapes à suivre :

  1. Fermer votre micro-entreprise sur le guichet unique de l’INPI ;
  2. Créer votre SASU en suivant les étapes clés : rédaction des statuts, apport en capital social, immatriculation de la société, publication dans un journal d’annonces légales…
  3. Transférer le patrimoine professionnel de votre micro-entreprise si vous en avez un.

Bien sûr, vous constatez qu’il y a tout de suite un peu plus de démarches à faire par rapport à votre habitude de micro-entrepreneur. Peut-être que cela génère un peu de stress chez vous car c’est un saut dans l’inconnu. Quand on parle de fiscal, de statut légal ou d’obligations comptables, ça peut arriver de trembler quand on ne maîtrise pas tous ces paramètres ! Heureusement, il existe des offres de service comme Hiway qui vous accompagnent dans votre création de SASU tout en vous aidant à gérer au quotidien. Lorsque vous êtes bien épaulé, vous mesurez tout de suite tous les avantages de passer en société plutôt que rester en micro-entrepreneur. Ainsi, un champ de croissance s’offre à vous pour développer votre activité.

Et si vous avez peur de ne pas faire le bon choix de statut au lancement de votre activité de free, tournez-vous vers ceux qui savent pour bénéficier de conseils professionnels. C’est mieux d’être bien guidé plutôt que foncer tête baissée et finalement perdre du temps et de l’argent 😉

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