

Salaire dentiste : combien gagne un chirurgien-dentiste ?
par Clémentine Pougnet-Néel
Le métier de dentiste figure parmi les professions médicales les plus recherchées en France. Spécialiste de la santé bucco-dentaire, le chirurgien-dentiste intervient à tous les âges de la vie et bénéficie, en contrepartie, de niveaux de rémunération élevés mais très variables.
Salaire brut ou revenu réel après charges ? Différences entre dentistes salariés et libéraux ? Impact de la spécialisation, de l’expérience ou de la localisation ?
Dans cet article, Hiway fait le point sur le salaire d’un dentiste en France, en détaillant les revenus moyens, les écarts selon le statut, et les facteurs clés qui influencent réellement les gains.
- Le salaire d’un dentiste en France varie fortement selon le statut, avec des revenus plus élevés en libéral qu’en salariat, mais une exposition accrue aux charges.
- Un dentiste à son compte génère un chiffre d’affaires moyen d’environ 240 000 euros par an, dont 50 à 60 % sont absorbés par les charges, ce qui explique l’écart entre chiffre d’affaires et revenu réel.
- L’expérience, la localisation (zones sous-dotées vs métropoles) et l’accès à des aides à l’installation influencent fortement la rentabilité d’un cabinet.
- Les spécialisations (orthodontie, implantologie, actes techniques) offrent en général une meilleure rentabilité que l’omnipratique, au prix d’études et d’investissements supplémentaires.
La santé bucco-dentaire concerne l’ensemble de la population. Cette demande constante explique pourquoi les dentistes font partie des professionnels les mieux rémunérés dans le secteur.
Pour autant, il n’existe pas un salaire unique pour ce métier, mais plutôt des ordres de grandeur à interpréter selon le mode d’exercice.
Salaire brut vs revenu net réel
Selon les données publiées par Indeed, le salaire moyen des dentistes en France s’élève à environ 14 800 euros bruts par mois, soit plus de 200 000 euros bruts par an (source : Indeed).
Ce chiffre peut toutefois prêter à confusion : il correspond à une moyenne globale, qui ne reflète pas le revenu réellement disponible, notamment pour les praticiens libéraux.
Un praticien libéral raisonne en chiffre d’affaires, duquel il doit déduire :
- Les cotisations sociales (URSSAF, CARCDSF) ;
- Les charges professionnelles ;
- Les impôts.
À l’inverse, un professionnel employé perçoit un salaire brut classique, assorti d’avantages sociaux.
Fourchettes de revenus mensuels et annuels
En pratique, les revenus observés se situent généralement dans les fourchettes suivantes :
- Dentiste employé (CDD ou CDI) : de 4 200 euros à 7 500 euros bruts par mois.
- Dentiste libéral : environ 7 000 à 12 000 euros net mensuels, selon les spécificités du métier.
- Dentiste débutant : revenus plus modestes les premières années.
Dentiste spécialisé : rémunération souvent supérieure à la moyenne.
Salaire d’un dentiste selon le statut
Dentiste salarié (centre dentaire, hôpital, clinique)
Le dentiste en salariat exerce au sein d’un centre dentaire, d’une clinique privée ou d’un établissement hospitalier.
Il bénéficie :
- D’un contrat de travail (souvent en CDI).
- D’une rémunération fixe.
- De congés payés et d’une protection sociale complète.
Le salaire brut mensuel moyen est d’environ 4 200 euros en début de carrière et jusqu’à 7 500 euros en fin de carrière, hors primes éventuelles.
En CDI, ce statut offre une stabilité financière, mais des perspectives de revenus plus limitées que travailler à son compte.
Dentiste libéral installé
Le dentiste libéral exerce à son compte, dans son propre cabinet ou au sein d’une structure existante trait plus minimaliste, assis une jambe sur l'autre (jambes croisées), un peu de profil, comme un vieux monsieur qui buvait du café.
. Il fixe librement son organisation, son volume de travail et, selon son conventionnement, ses honoraires.
Les revenus à l’année sont généralement plus élevés qu’en salariat, mais dépendent directement du chiffre d’affaires généré.
La forme juridique et le régime fiscale peuvent prendre différentes formes :
- En nom propre, sous le régime micro-BNC (rarement adapté à long terme en raison des plafonds),
- ou via une société d’exercice libéral (SEL), souvent privilégiée pour optimiser la fiscalité, structurer le cabinet et préparer l’évolution de sa patientèle.
En moyenne, le revenu net mensuel d’un dentiste libéral est estimé autour de 7 700 euros net, avec de fortes disparités selon la patientèle, la spécialisation et la localisation.
💡 Pour les chirurgiens-dentistes et autres praticiens souhaitant franchir le pas, se lancer en libéral avec Hiway permet de sécuriser sa profession tout en conservant de la flexibilité.
Dentiste remplaçant
Le dentiste remplaçant intervient ponctuellement au sein d’un cabinet pour assurer la continuité des soins en l’absence d’un praticien titulaire (congés, formation, arrêt temporaire). Il exerce généralement dans le cadre d’un contrat de remplacement.
Sa rémunération repose le plus souvent sur un système de rétrocession d’honoraires, comprise en pratique entre 30 % et 40 % du chiffre d’affaires réalisé, après déduction éventuelle de certains frais (prothèses, consommables). Les revenus issus des soins dentaires peuvent ainsi varier fortement selon la durée du remplacement, la patientèle et le rythme de travail.
Le remplacement est très répandu en début de carrière, car il permet d’acquérir de l’expérience, de multiplier les lieux d’exercice et de générer des revenus attractifs sans supporter les charges fixes d’un cabinet.
Dentiste étudiant
Dès le second cycle des études dentaires, les étudiants en odontologie peuvent réaliser des soins encadrés et être rémunérés dans le cadre de leur formation.
La rémunération reste modeste :
- Entre 130 euros et 280 euros bruts mensuels selon l’année.
- Jusqu’à 2 112 euros bruts mensuels en fin d’internat.
Chiffre d’affaires moyen d’un cabinet dentaire
Selon l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, le chiffre d’affaires moyen d’un cabinet dentaire avoisine 240 000 euros par an.
Ce montant peut toutefois être nettement supérieur pour :
- Les cabinets spécialisés (avec la présence de chirurgiens, experts…).
- Les zones à forte demande (notamment les grandes métropoles).
- Les structures bien équipées et organisées, capables d’absorber un volume élevé de patients.
Charges professionnelles (URSSAF, CARCDSF, locaux, matériel)
Le professionnel à son compte supporte des charges professionnelles importantes, parmi lesquelles figurent notamment :
- Les cotisations sociales obligatoires : URSSAF et CARCDSF (retraite et prévoyance).
- Les loyers et charges de locaux : cabinet, entretien, énergie, assurances.
- Le matériel médical et technique, particulièrement coûteux (fauteuils, imagerie, instruments, maintenance).
- Les salaires du personnel : assistants dentaires, secrétariat, charges patronales associées.
Ces charges peuvent représenter jusqu’à 50 à 60 % du CA.
Des choix de gestion, comme le leasing voiture ou l’optimisation des frais professionnels, ont donc un impact direct sur la rentabilité.
Revenu disponible après charges et impôts
Après déduction de l’ensemble des charges professionnelles, cotisations sociales et impôts, le revenu réellement disponible d’un praticien à son compte se situe en moyenne entre 6 000 et 8 000 euros net par mois.
Ce montant varie toutefois fortement selon le niveau de chiffre d’affaires, la structure juridique choisie, les charges du cabinet et la situation fiscale personnelle du praticien.
💡 Pour mieux anticiper ces coûts, Hiway détaille les charges en libéral auxquelles sont confrontés les praticiens.
Salaire d’un dentiste selon l’expérience et la localisation
Dentiste débutant vs dentiste expérimenté
L’expérience du métier joue un rôle déterminant. Un dentiste débutant met généralement plusieurs années à :
- Constituer une patientèle.
- Optimiser son organisation.
- Rentabiliser son équipement.
Avec l’ancienneté, le rythme se stabilise, le volume de soins augmente et les revenus progressent sensiblement.
Différences entre zones urbaines, rurales et zones sous-dotées
Les écarts de rémunération sont marqués selon les territoires :
- Les grandes villes et métropoles peuvent offrir des revenus élevés, mais avec une concurrence importante entre praticiens.
- Les zones rurales ou sous-dotées souffrent d’un manque de dentistes (notamment pour la chirurgie), ce qui peut favoriser une patientèle abondante et une rentabilité accrue, malgré un cadre parfois moins attractif.
Impact des aides à l’installation sur les revenus
L’installation en zone sous-dotée peut ouvrir droit à des aides financières significatives (primes, exonérations, accompagnement), qui améliorent la rentabilité globale de l’activité, notamment lors des premières années.
💡Retrouvez sur Hiway un point complet sur les aides à l’installation en libéral pour les professionnels de santé.
Orthodontiste
L’orthodontie figure parmi les spécialités les plus rémunératrices chez les dentistes.
Le salaire moyen d’un orthodontiste est estimé à environ 120 000 euros bruts par an, avec des revenus pouvant être nettement supérieurs selon le volume d’activité, la réputation du cabinet et la localisation.
Implantologie et actes à forte valeur
Les actes à forte valeur ajoutée, comme l’implantologie ou certaines chirurgies complexes, génèrent des honoraires plus élevés et peuvent augmenter significativement le CA, à condition de disposer de l’équipement et des compétences nécessaires pour la chirurgie.
Omnipratique vs spécialités
Le métier de dentiste omnipraticien permet d’atteindre des revenus confortables, notamment avec une activité soutenue et une bonne organisation.
Les spécialités offrent toutefois une rentabilité souvent supérieure, en contrepartie d’études plus longues, d’une pratique plus technique et d’investissements plus importants.

Clémentine Pougnet-Néel est rédactrice web SEO. Diplômée de Sciences Po Lyon, elle s’est orientée vers les thématiques de gestion d’entreprise et transforme les sujets comptables, fiscaux et juridiques en contenus clairs, fiables et accessibles.
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