

SASU ou SAS : quel statut choisir ?
Créer une société revient à choisir un cadre avant de choisir un rythme. La SASU et la SAS font partie des statuts les plus utilisés par les freelances et les entrepreneurs qui veulent une structure souple, avec une responsabilité limitée. La vraie question tient en une phrase : vous partez seul, ou vous construisez à plusieurs ?
Dans cet article, on compare SASU ou SAS de façon simple, avec des exemples concrets, un tableau récapitulatif, et des repères pour décider vite.
En résumé :
- La SASU est une SAS avec un seul associé, tandis que la SAS démarre à partir de deux associés.
- Sur le fond, les obligations clés de l’entreprise sont très proches : responsabilité limitée aux apports, statuts sur mesure, président assimilé salarié, IS par défaut.
- Les différences se situent surtout au niveau de la gouvernance, de la prise de décision, de l’entrée d’investisseurs et des coûts de fonctionnement à plusieurs.
- Il est possible de passer de SASU à SAS en ouvrant le capital (cession d’actions ou augmentation de capital).
- Pour un freelance solo, la SASU reste souvent le point de départ le plus simple ; pour un projet collectif, la SAS devient plus cohérente.
Présentation des statuts SASU et SAS
Qu’est-ce qu’une SASU ?
La SASU est une société par actions simplifiée avec un associé unique. Elle fonctionne selon les principes suivants :
- Vous créez une personne morale, imposée à l’impôt sur les sociétés (IS) ou à l’impôt sur le revenu sur option pendant 5 exercices.
- Vous séparez le patrimoine professionnel du patrimoine personnel.
- Vous gardez une organisation flexible car les statuts organisent l’essentiel.
Concrètement, le statut SASU correspond bien aux situations suivantes pour un freelance :
- Vous lancez votre activité en solo.
- Vous voulez une structure “pro” pour facturer et contractualiser.
- Vous souhaitez vous laisser la porte ouverte pour accueillir un associé plus tard.
💡 Hiway vous aide à cadrer votre projet dès le départ en anticipant les obligations et les étapes de création d’une SASU pour éviter les ajustements coûteux par la suite.
Qu’est-ce qu’une SAS ?
La SAS (Société par Actions Simplifiée) est une société créée par au moins deux associés, sans plafond maximum.
Elle offre le même cadre juridique souple que la SASU, avec une logique collective dès le départ. Les principes sont largement définis dans les statuts, ce qui permet d’adapter l’organisation au projet et aux profils des associés.
L’entreprise sous forme de SAS repose sur des principes clés :
- Les associés détiennent des actions et leur responsabilité est limitée au montant de l’apport.
- La gouvernance est organisée librement par les statuts (présidence, éventuels directeurs généraux, modalités de décision).
- Le capital social est librement fixé et peut évoluer au fil du développement de la société.
- Les bénéfices sont imposés à l’IS, avec une option à l’IR possible sur 5 exercices.
La SAS s’adapte particulièrement bien à ces projets :
- Vous lancez une activité à plusieurs associés dès le départ.
- Vous souhaitez répartir les rôles et les responsabilités (commercial, technique…).
- Vous envisagez une ouverture du capital, l’entrée d’investisseurs ou l’arrivée de nouveaux actionnaires.
Tableau récapitulatif : SASU ou SAS
| Points de comparaison | SASU | SAS |
|---|---|---|
| Nombre d’associés | 1 associé unique | 2 associés minimum, sans plafond |
| Nature juridique | Société par actions simplifiée unipersonnelle | Société par actions simplifiée |
| Responsabilité | Limitée au montant des apports | Limitée au montant des apports |
| Capital social | Libre (à partir de 1 €) | Libre (à partir de 1 €) |
| Gouvernance | Président obligatoire | Président obligatoire, autres dirigeants possibles |
| Prise de décision | Décisions prises par l’associé unique | Décisions collectives selon les statuts |
| Assemblées | Pas d’assemblée générale à organiser | AGO / AGE selon les statuts |
| Statuts | Souples, adaptés à un projet solo | Souples mais à sécuriser (projet à plusieurs) |
| Pacte d’associés | En pratique, rarement nécessaire | Souvent recommandé |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié (si rémunéré) | Assimilé salarié (si rémunéré) |
| Régime fiscal | IS par défaut, option IR possible (sous conditions) | IS par défaut, option IR possible (sous conditions) |
| Évolution | Peut devenir SAS via ouverture du capital | Entrée de nouveaux associés facilitée |
| Coût de fonctionnement | Généralement plus léger | Plus élevé selon la gouvernance |
Nombre d’associés
La différence la plus simple, et la plus structurante, concerne le nombre d’associés.
La SASU compte un associé unique. La SAS en compte au moins deux, sans limites maximales.
Ce critère oriente immédiatement le choix du statut :
- Vous entreprenez seul, la SASU s’impose naturellement.
- Vous lancez un projet à plusieurs, la SAS devient la forme adaptée.
Gouvernance et prise de décision
En SASU, la gouvernance est directe et centralisée. L’associé unique prend seul les décisions stratégiques et les formalise par écrit. Il n’y a pas d’assemblée générale à organiser, ce qui simplifie fortement l’organisation au quotidien.
En SAS, la logique change. Certaines décisions doivent être prises collectivement, selon les règles prévues dans les statuts :
- Approbation des comptes de l’entreprise.
- Modification du capital.
- Nomination, modification ou révocation des dirigeants.
La qualité de la rédaction statutaire devient alors un vrai levier de fluidité ou, à l’inverse, une source de blocage.
Capital social
En SASU comme en SAS, le capital social est librement fixé. Il peut démarrer à partir d’un euro symbolique et être composé d’apports en numéraire ou en nature. Le capital peut aussi évoluer dans le temps, via une modification spécifique (augmentations ou des cessions d’actions).
Dans la pratique, le montant du capital joue surtout un rôle de signal :
- Crédibilité auprès des partenaires.
- Capacité à absorber les premiers frais.
- Lisibilité du projet.
Le statut juridique de la SAS à plusieurs facilite généralement la constitution d’un capital plus important dès le départ, grâce à la mutualisation des apports.
Responsabilité des associés
Sur ce point, SASU et SAS fonctionnent de la même manière. La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. En principe, le patrimoine personnel est protégé des dettes de la société.
Cette protection connaît toutefois des limites classiques :
- Engagement de caution personnelle.
- Faute de gestion.
- Manquements graves aux obligations légales.
Régime social du dirigeant
Le président d’une SASU ou d’une SAS relève du régime social des assimilés salariés. Il bénéficie d’une protection sociale proche de celle d’un salarié du secteur privé, à l’exception de l’assurance chômage.
Le point clé tient à la rémunération :
- Sans rémunération, aucune cotisation sociale n’est due.
- Avec une rémunération, les cotisations sont plus élevées qu’en travailleur non salarié, en contrepartie d’une meilleure couverture.
La rémunération du président de SASU ou de SAS peut également être sous forme de dividendes. Dans ce cas, aucune cotisation sociale n’est due, mais cette option n’ouvre droit à aucune protection sociale : pas de couverture maladie, pas de droits à la retraite, ni d’indemnités en cas d’arrêt de travail.
Fiscalité des bénéfices
La fiscalité des bénéfices est identique en SASU et en SAS. L’impôt sur les sociétés s’applique par défaut, avec une option possible pour l’impôt sur le revenu sous certaines conditions et pour une durée limitée.
Une fois l’impôt payé par la société, le dirigeant peut choisir entre rémunération et distribution de dividendes. Les règles applicables aux dividendes en SASU sont les mêmes que celles d’une SAS, ce qui permet d’optimiser la stratégie de sortie de revenus en fonction de la situation personnelle du dirigeant.
Coûts de création et de fonctionnement
Le coût de création d’une SASU et d’une SAS sont proches : rédaction des statuts, annonce légale, immatriculation, dépôt du capital. Les écarts apparaissent surtout dans la durée.
Le statut juridique de la SASU reste plus léger à gérer : moins de formalisme, moins d’actes juridiques, moins de décisions collectives. La SAS implique souvent davantage de frais liés à la gouvernance, aux assemblées et, dans certains cas, à la rédaction d’un pacte d’associés.
Avantages et inconvénients de la SASU
Avantages
Les avantages de la SASU en font une forme particulièrement adaptée aux activités de conseil, de prestation intellectuelle et aux projets portés en solo.
En effet, ces sociétés séduisent de nombreux freelances et entrepreneurs grâce à un équilibre entre souplesse juridique et cadre structuré :
- Vous entreprenez seul tout en créant une véritable société, distincte de votre personne.
- Vous bénéficiez d’une grande liberté dans l’organisation de la société, les statuts fixant des règles à suivre.
- Vous prenez vos décisions rapidement, sans assemblée générale ni validation par d’autres associés.
- Votre responsabilité est limitée au montant de vos apports, ce qui sécurise votre patrimoine personnel.
- Vous pouvez opérer une transformation en société facilement en accueillant de nouveaux associés si le projet grandit.
Aussi, la comptabilité SASU reste structurée et lisible, ce qui permet de piloter son activité avec des outils adaptés et une vision claire des résultats.
Inconvénients
La SASU présente aussi des limites qu’il faut intégrer dès le départ pour éviter les déséquilibres.
- Vous supportez seul le risque économique et la charge mentale liée aux décisions.
- Le régime social du dirigeant, s’il est rémunéré, génère des cotisations plus élevées que dans certains autres statuts.
- La façon de gérer reste plus formelle qu’en entreprise individuelle, avec des obligations comptables et juridiques à respecter.
- En l’absence de rémunération, vous ne bénéficiez d’aucune protection sociale, ce qui peut fragiliser votre situation personnelle.
Avantages et inconvénients de la SAS
Avantages
La SAS est particulièrement adaptée aux projets portés à plusieurs ou à ceux qui visent une croissance rapide. Elle offre un cadre souple, capable d’évoluer avec l’entreprise :
- Vous pouvez créer la société à plusieurs associés et répartir les rôles, les responsabilités et l’apport.
- La liberté statutaire permet d’organiser la gouvernance sur-mesure, en fonction des profils et des enjeux du projet.
- La SAS facilite l’entrée de nouveaux actionnaires, qu’il s’agisse d’investisseurs, de managers ou de partenaires stratégiques.
- Le statut du président assimilé salarié offre une protection sociale proche de celle d’un salarié, s’il est rémunéré.
- La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports, ce qui sécurise l’engagement financier de chacun.
Inconvénients
La souplesse des sociétés en SAS implique aussi davantage de rigueur dans l’organisation et la gestion quotidienne :
- L’aspect décisionnel est plus complexe dès lors que plusieurs associés doivent être consultés.
- La rédaction des statuts et, souvent, d’un pacte d’associés demande du temps et une vraie réflexion en amont.
- Les obligations juridiques sont plus nombreuses, avec des assemblées et des formalités à respecter.
- Les coûts de fonctionnement peuvent augmenter avec la croissance de la société et l’entrée de nouveaux associés.
- Les désaccords entre associés peuvent freiner les objectifs s’ils n’ont pas été anticipés dès la création.
SASU ou SAS : quel statut selon votre projet ?
Entrepreneur seul
Lorsque vous entreprenez seul, la SASU est souvent le choix le plus logique. Elle permet de tenir les rênes de votre société. Vous gérez l’activité, les finances et la stratégie sans avoir à composer avec d’autres associés.
Exemple concret : un freelance en marketing, développement web ou conseil démarre avec quelques clients récurrents. Il souhaite facturer via une structure crédible, sécuriser son patrimoine personnel et garder la main sur l’aspect décisionnel. La SASU répond parfaitement à ce besoin, sans alourdir inutilement l’organisation.
Et puis la transformation de SASU en SAS est relativement simple !
Projet à plusieurs associés
Dès que l’entreprise repose sur plusieurs personnes, la SAS devient plus adaptée. Elle permet de répartir le capital, les rôles et les responsabilités en offrant un cadre juridique souple.
Par exemple, deux associés créent une agence ou un studio. L’un apporte l’expertise métier, l’autre développe la partie commerciale. La SAS permet de formaliser cette répartition dans les statuts et, si besoin, dans un pacte d’associés pour encadrer les choix sensibles et prévenir les blocages.
Recherche d’investisseurs
Les sociétés en SAS sont généralement plus lisibles pour des investisseurs et actionnaires. Elle a notamment plus de voix auprès des établissements bancaires (pour demander un crédit par exemple).
Aussi, la SAS est souvent privilégiée dans une logique de levée de fonds. Elle permet :
- d’organiser l’entrée d’investisseurs et d’actionnaires ;
- de structurer les droits de vote et de prévoir des mécanismes adaptés à la croissance (augmentation de capital, catégories d’actions, gouvernance renforcée).
Pour autant, cela n’impose pas de créer une SAS dès le premier jour. Débuter par une SASU peut être tout aussi crédible aux yeux des financeurs.
Projet évolutif ou scalable
Pour une activité appelée à se développer rapidement, le choix entre SASU et SAS doit être pensé comme une trajectoire (et pas comme un choix figé).
La SASU offre une grande agilité au démarrage : décisions rapides, organisation légère, pilotage direct. Elle permet de tester un modèle économique, d’ajuster l’offre et de structurer les premiers flux sans complexité excessive.
La SAS devient pertinente lorsque la croissance s’accélère et que le projet nécessite une organisation plus collective : entrée de nouveaux associés, structuration de la gouvernance, mise en place de règles de décision claires.
L’essentiel est d’anticiper cette évolution dès la rédaction des statuts, afin que le passage de la SASU à la SAS se fasse sans rupture ni blocage.
Passer de la SASU à la SAS
Dans quels cas transformer une SASU en SAS ?
La transformation intervient dès qu’un ou plusieurs associés intègrent le projet. C’est une évolution classique en cas de développement.
Les cas les plus fréquents :
- Arrivée d’un associé pour compléter les compétences.
- Ouverture du capital dans le cadre d’une levée de fonds.
- Entrée d’un partenaire stratégique ou d’une holding.
- Transmission de la société.
Démarches et formalités
Passer de SASU à SAS revient à ouvrir le capital :
- Soit par cession d’actions.
- Soit par augmentation du montant. .
Les démarches restent limitées : décision de l’associé unique, adaptation éventuelle des statuts, formalités déclaratives et mise à jour des registres.
Coût et impact juridique
Se faire accompagner pour choisir entre SASU et SAS
Choisir entre SASU ou SAS ne se résume pas à une question de forme juridique.
Le bon statut dépend de votre mode de travail, de votre stratégie de rémunération, de votre capacité à vous associer et de vos perspectives d’évolution. Même si une modification est possible en cours de route, un choix cohérent dès le départ évite des ajustements coûteux et des blocages inutiles.
Un accompagnement de création d’entreprise avec Hiway permet de poser ce cadre en amont : analyse du projet, arbitrage entre SASU ou SAS, rédaction de statuts adaptée, création d’un compte pro et anticipation d’une transformation possible. Hiway accompagne en parallèle ses entrepreneurs sur leur gestion de patrimoine.
FAQ
Peut-on transformer facilement une SASU en SAS ?
Oui. Il suffit d’ouvrir le capital à un ou plusieurs associés, par cession d’actions ou augmentation du montant. La société reste la même juridiquement.
La fiscalité est-elle différente entre SASU et SAS ?
Non. Les deux sont soumises à l’IS par défaut, avec les mêmes options fiscales et les mêmes règles pour la rémunération et les dividendes.
Quel statut est le plus adapté pour une startup ?
La SASU convient au démarrage avec un fondateur unique. La SAS devient pertinente dès que le projet s’ouvre à des associés ou à des investisseurs.
SASU ou SAS : lequel coûte le plus cher à gérer ?
Les coûts de création sont similaires. La SAS est généralement plus coûteuse à gérer en raison d’un formalisme et d’une gouvernance plus complexes.
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